Mise à jour – octobre 2026

Première hausse de taux au Canada en trois ans, et une secousse sur l’IA

Deux choses ont marqué octobre. La Banque du Canada a relevé son taux directeur le 28 octobre, sa première hausse depuis juillet 2023, et les grandes valeurs technologiques ont sérieusement reculé. Les investisseurs se sont mis à demander tout haut si les milliards engloutis dans l’intelligence artificielle rapporteront un jour. Le pétrole, pour sa part, a continué de monter.

Performance des marchés financiers

Rendements d’octobre, exprimés en dollars canadiens :

  • Indice composé S&P/TSX : +1,1 %
  • S&P 500 : -2,5 %
  • Nasdaq : -6,8 %
  • MSCI Monde : -2,4 %
  • MSCI EAEO : -2,1 %
  • DAX (Allemagne) : -0,7 %
  • Nikkei 225 (Japon) : -6,7 %
  • FTSE 100 (Royaume-Uni) : +0,8 %
  • MSCI Chine : -7,5 %

Le dollar canadien explique une partie de ces chiffres, comme en septembre mais dans l’autre sens. Le dollar canadien a gagné 1,6 % contre le dollar américain et 3,1 % contre l’euro, pour finir autour de 71,6 cents US. Cette remontée a réduit le rendement de tout ce qui est détenu à l’étranger.

Le reste vient du décrochage technologique. Le Nasdaq a perdu 5,3 % en dollars américains et le Nasdaq 100 est brièvement entré en zone de correction. Alphabet a cédé plus de 12 % en une séance après avoir annoncé de nouvelles dépenses en intelligence artificielle, et Intel a connu sa pire chute depuis des décennies. Le Japon a suivi, les fabricants d’équipement pour puces pesant lourd sur le Nikkei.

Le TSX s’en est mieux tiré, pour deux raisons simples. Il contient peu de titres technologiques et beaucoup d’énergie, le secteur qui a mené le marché canadien en octobre.

Matières premières et marchés obligataires

Le Brent a bondi de 13,6 % pour terminer à 117,64 $ US le baril, un sommet de six mois et une quatrième hausse mensuelle d’affilée. Le WTI a gagné 15,2 %, à 104,12 $ US. Le 30 octobre, un pétrolier a été touché par des engins explosifs dans le détroit d’Ormuz, ce qui a ravivé les craintes d’approvisionnement.

L’or a reculé d’environ 7 % pour finir sous les 3 900 $ US l’once, son plus bas niveau en un an et un deuxième mois de repli consécutif.

Les obligations ont fait l’inverse de septembre. Les titres canadiens de catégorie investissement ont gagné environ 1,5 %. Le 10 ans canadien est redescendu de 3,99 % à 3,84 % et le 2 ans est resté près de 3,37 %. Aux États-Unis, le 10 ans est passé de 5,29 % à 4,94 % et le 2 ans, de 4,88 % à 4,56 %. La fuite vers la qualité a plus que compensé le choc pétrolier.

Politique monétaire et inflation

La Banque du Canada a relevé son taux directeur d’un quart de point, à 2,50 %, le 28 octobre. C’est sa première hausse depuis juillet 2023 et la fin d’une année de statu quo. Le Conseil de direction veut éviter que des prix de l’énergie durablement élevés se propagent au reste des prix. Une autre hausse pourrait être nécessaire, mais il avancera avec prudence. La prochaine décision tombe le 9 décembre.

Pour les ménages, l’effet est immédiat. Le taux préférentiel suit, donc les marges de crédit et les prêts hypothécaires à taux variable coûtent déjà plus cher.

Le même jour, la Réserve fédérale a maintenu sa fourchette à 3,75 % - 4,00 %, par un vote de 10 contre 2, les deux dissidents souhaitant une hausse. Son communiqué qualifie désormais l’activité économique de forte, un cran au-dessus de septembre.

L’inflation justifie ce resserrement des deux côtés de la frontière. Au Canada, l’IPC de septembre est monté à 3,1 %, l’essence coûtant 27,8 % de plus qu’il y a un an. Hors essence, l’inflation tombe à 2,2 %, et les mesures de base de la Banque du Canada ont même reculé, à 1,8 % pour l’IPC-tronq et 1,9 % pour l’IPC-méd. Aux États-Unis, l’IPC a atteint 3,7 % et l’indice PCE de base est remonté à 3,1 %.

Perspectives économiques et consommateurs

L’économie américaine a accéléré. Le PIB du troisième trimestre a progressé de 3,4 % en rythme annualisé, contre 2,2 % au deuxième. Le marché du travail, lui, a calé, avec seulement 29 000 emplois créés en septembre et un chômage remonté à 4,2 %.

Au Canada, le portrait est moins plaisant. L’économie a perdu 68 000 emplois en septembre, un deuxième mois de recul consécutif, et le chômage est passé à 6,5 %. Au Québec, il atteignait 6,0 %. Les droits de douane américains entrés en vigueur à la fin de l’été expliquent une partie de ces pertes.

L’indice de l’Université du Michigan s’est établi à 48,0 en octobre, et les attentes d’inflation à un an ont encore monté, à 4,7 %.

Le marché immobilier canadien a ralenti. Selon l’Association canadienne de l’immeuble, les ventes de septembre ont reculé de 7,7 % sur un an et le prix moyen s’établissait à 666 538 $, en baisse de 1,6 %. L’ACI a encore revu ses prévisions à la baisse.

Le doute s’installe sur l’intelligence artificielle

La saison des résultats se déroule pourtant très bien. Au 30 octobre, avec 60 % des sociétés du S&P 500 ayant publié, FactSet calculait une croissance des bénéfices de 30,2 % au troisième trimestre, un troisième trimestre d’affilée au-dessus de 25 %.

Ce n’est donc pas la rentabilité actuelle qui inquiète, mais ce qui vient après. Les investisseurs se demandent si les sommes engagées dans les centres de données produiront des profits à la hauteur, surtout quand une partie est financée par emprunt. Le ratio cours-bénéfice prévisionnel du S&P 500 est tombé à 18,7, contre 19,6 à la fin août. Le marché paie moins cher les mêmes bénéfices.

Ce que les investisseurs surveilleront

La Banque du Canada décide le 9 décembre et la Fed, à la mi-décembre. Dans les deux cas, la trajectoire du pétrole pèsera lourd.

Les élections américaines de mi-mandat et la menace de nouveaux droits de douane sur des produits canadiens en janvier ajoutent de l’incertitude. La Banque du Canada l’a d’ailleurs mentionnée dans son communiqué.

En conclusion

Octobre a bien illustré à quoi sert la diversification. Les obligations ont monté pendant que les technologiques baissaient, et le marché canadien a progressé pendant que le reste du monde reculait. Un portefeuille concentré sur les gagnants des trois dernières années aurait eu un mois difficile.

La hausse de taux changera aussi les choses pour beaucoup de ménages, du coût d’une marge de crédit au rendement d’un certificat de placement garanti. Si vous souhaitez revoir ce que cela signifie dans votre cas, l’équipe de GF Symbiose est disponible pour en discuter avec vous.

Les rendements sont exprimés en dollars canadiens. Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les données économiques et financières peuvent évoluer rapidement selon les conditions de marché.