Septembre a appartenu au marché obligataire. Le rendement du Trésor américain à 10 ans a bondi de plus d'un demi-point pour finir à 5,29 %, son plus haut niveau depuis 2007, et celui du 30 ans a atteint 5,64 %, un sommet depuis 2004. Le pétrole au-dessus de 100 $, la hausse de taux de la Réserve fédérale et des données économiques robustes ont poussé les coûts d'emprunt à des niveaux inconnus depuis une génération. Les actions ont suivi, la plupart vers le bas.
Rendements de septembre, exprimés en dollars canadiens :
Ces chiffres demandent une mise en garde. Le dollar canadien a perdu 2,3 % contre le dollar américain en septembre et a terminé autour de 70,5 cents US. En monnaie locale, le S&P 500 a reculé de 0,5 % et le Nikkei a fait du surplace. C'est la devise, pas la Bourse, qui explique les gains affichés plus haut.
Le marché américain a aussi été exceptionnellement étroit. La technologie a été le seul des onze secteurs du S&P 500 à terminer le mois en hausse. Services financiers, matériaux et immobilier ont cédé environ 7 % chacun, et près des trois quarts des titres de l'indice ont reculé. Au Canada, le TSX a mis fin à cinq mois consécutifs de hausse, les banques pesant lourd pendant que l'énergie tirait son épingle du jeu.
Le Brent a grimpé de 14,4 % pour terminer à 103,53 $ US le baril, après un sommet au-dessus de 108 $ en cours de mois. Le WTI a gagné 5,4 %, à 90,42 $ US. L'écart entre les deux s'est creusé, le blocage du détroit d'Ormuz frappant surtout le brut transporté par bateau.
L'or a fait le chemin inverse d'août, avec un repli d'environ 6 % à près de 4 170 $ US l'once, la hausse des taux réels et du dollar américain lui retirant une partie de son attrait.
Les obligations ont souffert des deux côtés de la frontière. Les titres canadiens de catégorie investissement ont perdu environ 1,3 % sur le mois. Le taux de l'obligation du gouvernement du Canada à 2 ans est passé de 3,01 % à 3,37 % et celui du 10 ans, de 3,73 % à 3,99 %. Aux États-Unis, le 2 ans a bondi de 4,34 % à 4,88 % et le 10 ans, de 4,75 % à 5,29 %.
Le 16 septembre, la Réserve fédérale a relevé son taux directeur d'un quart de point, à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, par un vote unanime. C'est sa première hausse depuis 2023. Les projections publiées le même jour montrent que 16 des 18 participants prévoient au moins une autre hausse d'ici la fin de l'année.
La Banque du Canada a maintenu son taux à 2,25 % le 2 septembre, une septième décision de suite sans changement. Le ton a néanmoins évolué, et les marchés obligataires accordent maintenant environ 60 % de probabilité à une hausse le 28 octobre.
Les chiffres d'inflation envoient des signaux contradictoires. Au Canada, l'IPC d'août est resté à 3,0 % sur un an, mais les mesures de base de la Banque du Canada sont demeurées sages, à 1,9 % pour l'IPC-tronq et 2,0 % pour l'IPC-méd. Aux États-Unis, l'IPC d'août a atteint 3,4 %, l'essence coûtant 27,4 % de plus qu'il y a un an. L'indice PCE publié le 30 septembre a toutefois surpris à la baisse, à 3,4 % pour l'ensemble et 3,0 % hors alimentation et énergie.
Les deux économies ont divergé en août. Les États-Unis ont créé 162 000 emplois, trois fois plus que prévu, avec un chômage stable à 4,1 %. Le Canada en a perdu 42 000, dont 20 000 dans le secteur public, un troisième mois de recul d'affilée. Le taux de chômage est resté à 6,4 % au pays et à 5,6 % au Québec.
Le PIB américain du deuxième trimestre a aussi été révisé à la hausse, à 2,2 % en rythme annualisé contre 1,5 % dans l'estimation précédente. C'est en bonne partie cette vigueur qui a nourri la remontée des taux.
Le consommateur américain, lui, va mal. L'indice de confiance de l'Université du Michigan est tombé à 48,1 en septembre, sa deuxième lecture finale la plus basse jamais enregistrée, et les attentes d'inflation à un an sont remontées de 4,0 % à 4,6 %.
Au Canada, l'Association canadienne de l'immeuble a recensé 37 504 ventes en août, en recul de 6,9 % sur un an, et un prix de référence de 657 500 $, en baisse de 3,1 %.
Les contre-tarifs canadiens sont entrés en vigueur le 8 septembre, en réponse aux droits américains de 50 %. Ottawa vise plus de 700 catégories de produits, soit environ 27,6 milliards de dollars d'importations américaines, dont l'acier, les produits laitiers et l'électronique, et a dégagé 7,5 milliards pour soutenir les secteurs touchés. Cette escalade complique la tâche de la Banque du Canada, qui doit composer en même temps avec un choc sur les prix et un choc sur l'activité.
Deux décisions de taux tombent la même semaine. La Banque du Canada tranche le 28 octobre et la Fed, les 27 et 28 octobre. L'IPC canadien de septembre, publié le 19 octobre, pèsera lourd dans la balance.
La saison des résultats du troisième trimestre s'amorce aussi. FactSet prévoyait à la fin septembre une croissance des bénéfices de 29,1 % pour le S&P 500, un troisième trimestre d'affilée au-dessus de 25 %. Reste le pétrole. Tant que le détroit d'Ormuz demeure bloqué, le baril continuera de dicter une bonne partie de l'inflation, et donc des taux.
Septembre illustre pourquoi la devise compte autant que la Bourse. Les marchés américains ont reculé en dollars américains et rapporté en dollars canadiens, simplement parce que le CAD a faibli. L'exposition à l'étranger joue deux rôles importants dans un portefeuille.
Un portefeuille construit autour de vos objectifs et de votre horizon absorbe ce genre de mois sans qu'il faille y toucher. Si vous vous interrogez sur votre exposition aux taux ou aux devises, l'équipe de GF Symbiose est disponible pour en discuter avec vous.
Les rendements sont exprimés en dollars canadiens. Cet article est fourni à titre informatif seulement et ne constitue pas un conseil financier personnalisé. Les données économiques et financières peuvent évoluer rapidement selon les conditions de marché.