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Baisse du taux directeur : ce que cela signifie pour vos stratégies auprès des clients

La Banque du Canada a annoncé dernièrement une baisse de son taux directeur de 0,25 point, le ramenant à 2,50 %, soit son plus bas niveau depuis trois ans.

Cette décision intervient dans un contexte où l’économie canadienne montre des signes de fragilité : contraction de –1,6 % du PIB au deuxième trimestre, plus de 100 000 pertes d’emplois récemment, et une inflation en ralentissement qui donne à la Banque une certaine marge de manœuvre.

À cela s’ajoutent les incertitudes entourant les droits de douane américains et les tensions liées au commerce mondial, autant de facteurs qui influencent vos recommandations auprès des clients.

Pourquoi cette baisse

La Banque du Canada cherche à soutenir l’économie face à un double défi : ralentissement marqué de l’activité et marché du travail en perte de vitesse. En réduisant le coût du crédit, elle espère stimuler la consommation et l’investissement.

Cette décision signifie qu’il est peut-être temps de réévaluer les stratégies de financement et d’investissement de vos clients. L’assouplissement monétaire offre de nouvelles opportunités, mais exige aussi de garder un œil attentif sur l’évolution économique, car la Banque a indiqué rester prête à agir de nouveau en cas d’aggravation.

Conséquences pour l’effet de levier

Si vos clients utilisent l’endettement comme levier d’investissement, cette baisse rend la stratégie légèrement moins risquée.

Le différentiel entre coût d’emprunt et rendement potentiel diminue, ce qui réduit le seuil à franchir pour générer un rendement net positif. Concrètement, emprunter pour investir devient plus accessible.

Votre rôle sera d’aider vos clients à bien comprendre le principe de l’effet amplificateur : il augmente les gains en période favorable, mais amplifie aussi les pertes.

Impact sur les assurances-vie permanentes financées indirectement

Pour vos clients qui utilisent des stratégies comme le financement immédiat par marge de crédit, la nouvelle est favorable.

Ces montages reposent souvent sur des marges à taux variable indexées au taux directeur. Avec cette baisse, les intérêts à payer diminuent, ce qui augmente la rentabilité potentielle de la stratégie, à condition que les intérêts demeurent fiscalement déductibles au taux le plus élevé possible.

Il est donc pertinent de revoir avec vos clients leurs projections de rendement et leur planification fiscale.

Hypothèques et marges de crédit

Certains clients possèdent à la fois une hypothèque à taux fixe et une marge de crédit hypothécaire. Dans ce contexte, il se peut que la marge devienne plus avantageuse.

Cela peut ouvrir la porte à des arbitrages : par exemple, utiliser la marge pour réduire une partie du solde à taux fixe.

En tant que conseiller, vous devez cependant valider la faisabilité selon les conditions contractuelles du prêt et évaluer la pertinence d’un tel mouvement dans la planification globale du client.

Normes de projection de l’IPF 2025

Pour évaluer la pertinence des stratégies de levier financier, l’IPF a publié ses hypothèses standardisées de rendement à long terme pour 2025 :

  • Inflation : 2,1 %
  • Croissance du MGA : 3,1 % (soit inflation +1 %)
  • Revenu fixe : 3,4 %
  • Actions canadiennes : 6,6 %
  • Actions américaines : 6,6 %
  • Actions internationales : 6,9 %
  • Actions des marchés émergents : 8,0 %

Ces repères vous aident à déterminer si un investissement financé à crédit peut générer un rendement net positif après intérêts.

Par exemple, avec un taux préférentiel à 4,70 %, vos clients doivent viser des actifs dont le rendement projeté est supérieur à ce seuil. Cela place les marchés émergents, les actions internationales et nord-américaines en bonne position, mais avec une volatilité plus marquée. À l’inverse, les titres à revenu fixe ou les placements à court terme n’offrent pas un différentiel suffisant pour justifier un levier.

Conclusion

Cette baisse du taux directeur constitue une opportunité pour vos clients qui empruntent ou qui mettent en place des stratégies avancées comme le financement indirect en assurance-vie. Elle allège le coût du crédit et peut accroître la rentabilité potentielle de leurs placements.

Cependant, les projections de l’IPF rappellent un principe important : pour que l’effet de levier soit rentable, il faut investir dans des actifs dont le rendement attendu surpasse clairement le taux d’emprunt.

Votre valeur ajoutée comme conseiller est essentielle ici : aider vos clients à comprendre les risques, à accepter la volatilité inhérente et à mettre en place une gestion rigoureuse du risque. Car si le marché corrige, l’effet de levier amplifie autant les pertes que les gains.

Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste, planificateur financier et conseiller en sécurité financière

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