Une étude réalisée par des experts américains (Wade D. Pfau, Ph.D., CFA et Michael Finke, Ph.D., CFP®) a démontré qu’intégrer de l’assurance-vie permanente dans un plan de retraite peut, dans certains contextes, améliorer à la fois le revenu disponible pendant la retraite et le patrimoine transmis à la prochaine génération.
Si cette recherche s’appuie sur un contexte fiscal et financier américain, ses conclusions fondamentales sont applicables au Canada… où l’assurance-vie permanente offre même des avantages fiscaux plus généreux que chez nos voisins du sud.
Il importe de souligner que cette stratégie s’adresse d’abord aux personnes qui ont un véritable besoin de couverture d’assurance-vie.
Lorsque ce besoin existe, choisir une assurance-vie permanente avec valeur de rachat peut non seulement couvrir le besoin de protection, mais aussi optimiser la gestion des revenus et du patrimoine à la retraite.
L’un des plus grands risques en début de retraite est le risque de séquence de rendements : subir des baisses de marché dès les premières années, alors que l’on commence à puiser dans son épargne.
Cela peut forcer à vendre des actifs à perte, compromettant la capacité de financer l’indépendance financière à long terme.
Traditionnellement, pour se protéger, on augmente la part d’obligations ou de liquidités dans le portefeuille. Cependant, cela a pour effet de réduire les rendements espérés, ce qui peut limiter le revenu disponible sur le long terme.
La solution : utiliser la valeur de rachat comme un actif de liquidités temporaires
Les auteurs de l’étude démontrent qu’une police d’assurance-vie entière peut jouer un rôle pertinent :
Les scénarios comparés dans l’étude
Pfau et Finke ont modélisé plusieurs stratégies pour un couple, incluant :
Résultat :
Bien que l’étude de Pfau et Finke soit rigoureuse, il est important de considérer certaines nuances et scénarios alternatifs.
Tout d’abord, un(e) client(e) ayant un profil de risque 100 % actions ou similaire à la retraite pourrait, mathématiquement, potentiellement obtenir de meilleurs résultats, tant au niveau des revenus de retraite que de la valeur successorale nette. Cependant, le niveau de risque du plan, ici mesuré par la volatilité, serait largement plus élevé. En pratique toutefois, la plupart des personnes ne sont pas psychologiquement capables d’adopter un profil de risque aussi élevé, avec une allocation 100 % actions, lorsqu’elles sont en phase de décaissement à la retraite.
Ensuite, un rendement d'environ 3 à 3,5 % net par année (sur la valeur de rachat) nécessite plusieurs années pour se matérialiser. Il est donc préférable que la police d’assurance-vie permanente soit souscrite plusieurs années avant la retraite afin d’optimiser la stratégie. Si ce n’est pas le cas, il reste possible d’en bénéficier, mais avec une efficacité moindre.
Par ailleurs, tout comme pour les rendements futurs d’un portefeuille obligataire diversifié, une bonne performance d’une assurance-vie permanente ne peut jamais être totalement garantie.
Enfin, le contrat d’assurance-vie permanente doit être bien conçu. Il faut...
Les données de Pfau et Finke confirment ce que de plus en plus de planificateurs financiers observent : l’assurance-vie permanente, en plus d'offrir une protection, peut aussi, pour le bon client et selon la situation, contribuer favorablement aux revenus de retraite.
Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste, planificateur financier et conseiller en sécurité financière
Source de l’étude : Wade D. Pfau et Michael Finke, « Integrating Whole Life Insurance into a Retirement Income Plan : Emphasis on Cash Value as a Volatility Buffer Asset », White Paper, The American College of Financial Services, Avril 2019
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