Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste | Planificateur financier | Formations et accompagnement de professionnels dans des dossiers complexes d’assurance-vie permanente
Le 12 mai dernier, j’ai eu le plaisir d’animer une formation au Quartier DIX30 auprès de plusieurs conseillers et conseillères de notre réseau sur un sujet qui devient de plus en plus central dans les dossiers d’entrepreneurs incorporés : la planification corporative et successorale avancée.
Pour rendre les discussions concrètes, nous avons travaillé à partir d’une étude de cas fictive mettant en scène M. Kash et Mme Mahney...
Derrière cette étude de cas se cachent en réalité plusieurs situations très représentatives de ce que vivent aujourd’hui de nombreux entrepreneurs québécois ayant connu une forte croissance au cours des dernières décennies.
Dans cette étude de cas, M. Kash est un entrepreneur de 55 ans qui a fondé une entreprise technologique prospère qu’il a développée pendant plus de vingt ans.
Pendant une bonne partie de cette période, soit environ 10 à 15 ans, presqye toutes les liquidités générées par l’entreprise étaient réinvesties dans la croissance des opérations.
Mais après des années de développement, la situation change complètement ... En effet, l’entreprise atteint finalement une valeur marchande estimée à environ 35 000 000 $. "À l’intérieur" de cette valeur-là on a près de 3 000 000 $ de surplus de liquidités excédentaires, alors que les besoins réels de fonds de roulement de l’entreprise sont évalués à 750 000 $.
Autrement dit, près de 2 250 000 $ de liquidités ne sont plus nécessaires aux opérations courantes.
Durant la formation, nous avons structuré la réflexion autour de trois grands objectifs que plusieurs entrepreneurs partagent lorsqu’ils atteignent cette phase de leur vie financière.
Préserver la flexibilité de la relève
Dans le cas de M. Kash, l’objectif initial était que les enfants reprennent éventuellement l’entreprise. Toutefois, rien n’était certain. Un des enfants démontrait peu d’intérêt pour l’entreprise, ce qui créait déjà un enjeu potentiel d’équité familiale.
La planification devait donc permettre :
Réduire l’impôt latent futur
À 35 M$ de valeur corporative, le problème fiscal futur devient important.
M. Kash commençait à s’inquiéter :
... Spoiler alert, on s'en va parler de gel successoral dans pas long
Maintenir l’équité familiale
Un autre point très important dans cette étude de cas concernait l’équité entre les membres de la famille.
Comment traiter équitablement :
Très souvent, ça va être l'assurance-vie qui va aider pour ça.
Rentrons maintenant dans la réorganisation corporative nécessaire pour permettre à M. Kash d'atteindre ses 3 objectifs.
Une des mes premières recommandations présentées durant la formation consistait à mettre en place deux fiducies complètement distinctes ayant chacune des objectifs très différents.
Fiducie familiale "de croissance"
La première fiducie avait pour objectif principal de capter toute la croissance future d’Opco afin de permettre éventuellement une multiplication de la déduction pour gain en capital (DGC).
Dans le cas présenté, la structure ouvrait potentiellement la porte à :
On parlait donc potentiellement de quatre DGC disponibles lors d’une vente future.
Fiducie "patrimoine", pour la croissance de la future compagnie de gestion
La deuxième fiducie avait un objectif différent.
Ici, l’idée n’était pas principalement la multiplication de la DGC.
L’objectif était plutôt :
Après les fiducies, une société de gestion est créée.
La structure :
Concrètement, cela signifie que :
Le cœur de la planification reposait ensuite sur un gel successoral d’Opco.
La mécanique :
Autrement dit :
Une autre étape importante concernait la purification corporative post-gel.
Comme l’entreprise détenait :
... un montant de 2 250 000 $ pouvait être transféré vers Gesco.
Après cette purification :
Une grande partie des discussions durant la formation portait ensuite sur les opportunités d’assurance découlant directement de cette nouvelle structure.
Et c’est probablement ici que plusieurs conseillers ont réalisé à quel point l’assurance devient beaucoup plus qu’un simple produit de protection dans ce type de contexte.
1. Financer l’impôt latent futur
Avec un gel de 32,75 M$ dans les mains de M. Kash, les besoins de liquidités futurs au décès deviennent importants.
L’assurance-vie corporative peut alors servir à :
2. Favoriser l’équité familiale
Si un enfant reprend éventuellement l’entreprise et l’autre non, l’assurance devient pertinente pour équilibrer les héritages.
La deuxième partie de l’étude de cas était particulièrement intéressante parce qu’elle démontrait l’impact concret de la structure mise en place plusieurs années auparavant.
À 70 ans :
Notons d'ailleurs que grâce au gel successoral mis en place 15 ans plus tôt, 27 250 000 $ de croissance avaient été captés dans la fiducie familialem et non par M. Kash personnellement.
Avant la transaction, une réorganisation additionnelle est effectuée afin d’optimiser l’utilisation de la DGC.
La structure devient alors ceci :
Après l’ensemble des opérations :
Et surtout… la majorité de la richesse familiale ne se retrouve plus directement dans le patrimoine personnel immédiat de M. Kash. Elle est maintenant détenue indirectement via la fiducie "patrimoine" et Gesco.
L’un des points les plus importants de cette formation était probablement celui-ci : Une bonne planification successorale ne s’arrête presque jamais à la vente d’une entreprise. Au contraire. Elle ouvre souvent une nouvelle phase :
Dans l’étude de cas, les discussions se poursuivaient ensuite autour :
Merci encore à tous les conseillers et conseillères présents au DIX30 le 12 mai dernier pour les excellentes discussions et les réflexions extrêmement enrichissantes tout au long de cette formation.
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