Comment choisir un assureur et un produit quand vient le temps de souscrire à une assurance-vie entière ?

Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste | Planificateur financier | Formations et accompagnement de professionnels dans des dossiers complexes d’assurance-vie permanente

Choisir une assurance-vie entière, ce n’est pas simplement cocher une case dans une planification financière, et c’est pour ça qu’il faut aborder cette décision avec méthode, un processus.

Avoir un processus, pas une opinion

La plupart du temps, les discussions autour de l’assurance-vie entière se limitent à quelques chiffres : le TIBP, le coût de la prime, ou la performance projetée. Mais ces indicateurs, pris isolément, ne suffisent pas.

Il faut un modèle d’analyse.

En d’autres mots : il ne s’agit pas de trouver le meilleur produit, mais celui qui est le plus cohérent avec la situation devant nous.

Principe 1 : Ne pas considérer un seul critère

Comparer uniquement les TIBP, c’est un peu comme choisir un fonds d’investissement sur la seule base du rendement brut.

Le TIBP donne une indication, mais il ne reflète ni la politique de gestion interne, ni la répartition du surplus, ni la stabilité historique du versement des participations.

Principe 2 : Tenir compte de la flexibilité

La flexibilité est souvent perçue comme un « plus ». En réalité, elle peut être déterminante.

Prenons un exemple concret : un contrat 10-pay avec prime de base à 100 % peut faire beaucoup de sens lorsque la prime provient de liquidités déjà disponibles. Mais dans un contexte où la prime doit être payée en partie par des revenus futurs, une structure plus flexible pourrait être préférable.

Principe 3 : Évaluer le rendement dans son vrai contexte

Beaucoup se fient au taux de rendement interne (TRI) présenté dans les illustrations. C’est une donnée utile, mais insuffisante.

Pourquoi ? Parce que le TRI mesure le rendement du contrat, pas nécessairement la création de valeur pour la succession.

Pour bien évaluer un produit, il faut aller plus loin : estimer la valeur nette successorale, c’est-à-dire le capital net transmis après impôts au niveau de la succession / des héritiers.

C’est cette donnée qui permet de comparer équitablement deux stratégies.

En somme : choisir, c’est pondérer

Il n’existe pas de “meilleur” produit universel. Il existe des contextes, des contraintes, et des objectifs qui dictent le bon choix.

L’important, c’est de structurer la réflexion : définir les variables pertinentes, leur attribuer un poids selon la situation du client, et comparer les résultats dans une grille commune.

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