Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste | Planificateur financier | Formations et accompagnement de professionnels dans des dossiers complexes d’assurance-vie permanente
Le choix du bon produit d’assurance-vie permanente au Canada est beaucoup plus difficile qu’il ne devrait l’être
Pour situer le contexte : je suis fiscaliste et planificateur financier spécialisé en assurance vie permanente.
Une partie de mon travail consiste à aider des conseillers quand ils se retrouvent avec des dossiers complexes.
Sur le terrain, la même réalité revient : il y a beaucoup de produits, chaque assureur a ses particularités, et même si les grands principes se ressemblent (et que la réglementation impose un cadre commun), faire un bon choix demeure un exercice difficile.
Oui, comparativement aux États-Unis, on pourrait dire qu’on a moins de produits au Canada. Mais “moins” ne veut pas dire “simple”.
Chaque assureur a :
Résultat : même pour des professionnels en services financiers, faire une diligence raisonnable rigoureuse et choisir le bon produit d’assurance-vie permanente selon des données probantes est loin d’être évident.
On doit travailler plus fort, collectivement, pour obtenir davantage de transparence sur :
Pourquoi ?
Parce que les deux parties qui en paient le prix quand ce n’est pas clair sont :
On peut bien dire “faites vos devoirs”.... Mais quand la comparaison est difficile, quand les informations sont partielles ou présentées de manière non comparable, quand les éléments déterminants sont noyés dans des documents techniques… on crée un environnement où le bon choix dépend trop souvent d’un raccourci, d’une habitude, ou d’un comparatif incomplet.
En 2026, je veux travailler fort pour monter un modèle d’analyse et un modèle d’intervention permettant, selon le dossier client devant nous, de mieux orienter le choix :
L’objectif n’est absolument pas de “déclarer un gagnant” universel. Ceci n'existe pas et n'est pas possible.
L’objectif, c’est plutôt de sortir du réflexe du produit “par défaut” et d’entrer dans une logique : bon client + bon besoin + bonnes contraintes = bon produit (et bon assureur).
Un des meilleurs exemples de raccourci fréquent, c’est le taux d’intérêt du barème des participations (TIBP).
C’est une donnée :
Oui, le TIBP est important.
Mais non, il ne devrait pas être l’unique facteur.
Pourquoi ?
Parce que ce n’est pas “le rendement du contrat”, et ce n’est pas ce qui dicte directement la performance pour le propriétaire de la police.
Les participations existent notamment parce que :
Exemple concret : Si l’assureur s’attend à faire 3,5 % de rendement sur ses placements, mais qu’il fait 7 %, il y a un delta de 3,5 %. Ce delta peut contribuer positivement au versement des participations, qui peuvent servir à acheter plus d’assurance, etc.
Mais attention : ce n’est pas le 7 % qui se reflète directement comme “rendement du contrat” pour le client.
Donc, comparer un assureur X et un assureur Y en disant :
“X affiche un TIBP plus élevé, donc X est meilleur”
… c’est clairement insuffisant.
Le TIBP doit être mis en relation avec le pricing, les hypothèses, et les mécanismes du contrat. C’est le delta entre attentes et expérience qui alimente la participation.
Autre enjeu : certains assureurs intègrent, dans le texte même du contrat, des garanties que d’autres n’ont pas.
Deux réalités coexistent ici :
Mais l’inverse est aussi vrai : si les choses vont moins bien, une garantie inscrite au contrat, c’est une valeur réelle. Elle est là, noir sur blanc.
Donc encore une fois : pas de réponse simple. Il faut être capable de mesurer et pondérer la valeur d’une garantie, selon le contexte du client et du dossier.
Il y a aussi des différences importantes dans la façon dont les assureurs gèrent leur capacité, surtout pour des montants importants de capital assuré.
J’explique souvent la réassurance comme un choix entre :
Certains assureurs gardent un gros montant de capital décès “dans leurs coffres”, donc à même leur propre risque. D’autres vont aller en réassurance plus rapidement (après un montant plus faible), en transférant ce risque au palier des réassureurs.
C’est un peu comme :
Est-ce que j’achète un immeuble commercial de 50 000 000 $… ou est-ce que je le loue ?
La réponse dépend du cycle de vie, des objectifs, du contexte.
Et souvent, pour des produits plus récents, on observe davantage de recours aux réassureurs au début, notamment pour gérer le risque si jamais il y a beaucoup de réclamations à court terme.
En parallèle : les assureurs devraient consulter davantage le terrain avant de lancer de nouveaux produits
Autre volet que je veux pousser : avant de lancer un produit, on gagnerait à consulter plus le public et les intervenants terrain.
Pas juste en mode “validation marketing”, mais en mode :
Je termine avec un exemple que je rencontre en pratique.
On a des dossiers où l’objectif est de couvrir l’impôt au décès sur des actions privilégiées de gel. Le gain en capital latent est connu, et en principe, il n’augmente pas.
Exemple (simplifié) :
Le client peut se dire :
Parfait. Je veux un contrat permanent de 400 000 $ de capital décès. Je ne veux pas bonifier la succession. Je veux juste couvrir l’impôt. Je veux la prime la moins chère possible pour ce capital décès permanent.
On pourrait penser à une temporaire 100 ans sans valeur de rachat. Mais il y a une nuance : parfois, ces actions privilégiées de gel seront rachetées dans le temps. On “dégraisse” les actions de gel, on réduit le gain en capital latent, et donc l’impôt au décès diminue au fil du temps.
Dans ce contexte, une idée intéressante serait d’avoir une temporaire 100 ans avec capital décès décroissant.
Je lance l’idée. C’est exactement le genre de réflexion qui devrait être nourrie davantage par les réalités terrain.
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