Simon Van Weereld M. Fisc. B.A.A. Pl. Fin.
Fiscaliste | Planificateur financier | Formations et accompagnement de professionnels dans des dossiers complexes d’assurance-vie permanente
Les récentes modifications à la RGAE et les discussions qui ont suivi ont créé un important besoin de clarté dans la communauté fiscale et financière.
Ce n’est pas parce qu’une planification respecte la lettre de la Loi qu’elle respecte nécessairement son esprit.
Depuis 1988, la RGAE constitue l’outil de dernier recours de l’ARC pour contrer les stratégies d’évitement fiscal.
Les dernières itérations législatives (2022 à 2024) et le projet de loi C-59 resserrent :
▶ Le test d’évitement
Il suffit désormais que l’un des principaux objectifs, et non l’objectif dominant, soit fiscal pour qualifier une transaction comme évitement.
▶ Le test d’abus ou de détournement
L’analyse se concentre sur l’objet, l’esprit et l’intention de la loi.
▶ L’ajout d’un test de substance économique
Une stratégie peut être contestée si elle ne modifie pas la réalité économique, même si elle respecte le texte de loi.
Quelques indicateurs de manque de substance :
▶ Une pénalité de 25%
En plus de l’impôt rétabli, la pénalité vise désormais à décourager les stratégies litigieuses.
Plusieurs bénéfices de l’assurance-vie sont explicitement prévus par la Loi, notamment :
Par conséquent :
🟢 Les stratégies acceptées (ex. PFI)
Lorsqu’une société :
… la LIR et d'autres principes prévoient déjà explicitement ce traitement. Ce n’est donc pas un contournement.
🟡 Les structures à prendre avec un bon grain de sel : l’emprunt personnel de l’actionnaire
Lorsque :
… les éléments problématiques apparaissent :
Sous le nouveau régime de la RGAE, ces structures sont vulnérables.
💡 Implication pour vous :
Les stratégies doivent être évaluées selon ce que la Loi cherche à encourager, et non seulement ce qu’elle permet littéralement.
Et en ce sens, les stratégies d’assurance-vie conformes :
… devraient normalement s’arrimer avec l’intention législative.
✔ L’assurance-vie corporative demeure un moyen stable, prévisible et légitimement appuyé par la Loi pour :
✔ Les montages artificiels (prêts circulaires, "value shifting", "surplus stripping") deviennent hautement risqués dans le nouvel environnement de la RGAE.
✔ Les tribunaux et l’ARC regardent l’économie réelle du montage, pas seulement sa forme.
Le renforcement de la RGAE ne doit donc pas être vu comme une menace, mais comme une occasion :
***Avis important – Consultation juridique recommandée
Les informations présentées dans cette infolettre ont pour objectif d’appuyer votre réflexion professionnelle et de vous fournir un aperçu des enjeux liés à la RGAE/GAAR. Elles ne constituent pas une opinion juridique et ne remplacent en aucun cas les conseils d’un juriste qualifié.
Si vous ou vos clients avez des questions, des préoccupations ou des doutes concernant l’application de la RGAE, l’interprétation d’une stratégie ou les risques associés à un montage fiscal, il est essentiel de consulter un juriste spécialisé en droit fiscal.
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